mercredi 16 décembre 2009

Maudit bonheur


J'épie le bonheur, je le suis à pas de loup tentant de ne pas le perdre de vue. Trop tard, il vient de m'échapper, une fois de plus. Que la ligne est mince entre cet instant où on se sent euphorique, croyant toucher du bout des doigt une parcelle d'éternité et entre l'instant d'après où on s'engouffre dans l'abysse. Quelle notion éphémère qu'est le bonheur. Il n'est jamais absolu, toujours conditionnelle à je ne sais trop quoi. Mon authencité me jouera toujours des tours, si seulement je pouvais arborer une poker face qui me permettrait de me déjouer moi-même le temps de relativiser les choses, d'adoucir mes propres tempêtes. Je suis une livre ouvert, transparente et intense à souhait. Je ne ressens rien à moitié, je suis l'essence même des quatre saisons réunies. Je place sans cesse mes tripes sur la table, je montre mon jeu, je me rends constamment vulnérable. J'aimerais être impénétrable, ne rien laisser paraître mais j'en suis incapable. Maudit bonheur si seulement je savais comment le coincer dans un coin et l'emprisonner dans mon coeur, je le garderais la toute ma vie mais je ne peux pas car je priverais le monde de cette denrée rare. Peut-être est-ce justement cela le problème, peut-être quelqu'un se l'est emparé et qu'il est là captif attendant d'être relâché ? Je ne sais pas, je ne sais plus... Pourtant je le cherche partout. Je ne désire pourtant qu'une petite part. Je me demande si j'ai perdu foi en mes capacités à croire tout simplement. Croire qu'un jour ce sera mon tour pour vrai. Ne croyez pas que je suis malheureuse non, je vais bien du moins ça va... On ne peut revenir en arrière, malheureusement ce qui est fait et fait et ce qui est dit reste dit. Il ne me reste qu'à devenir une meilleure personne un jour à la fois. Par chance, je crois que j'ai un petit bout de chemin de fait en ce sens mais ce n'est que lorsque je passerai de l'autre côté que je pourrai dire que j'aurai réussi ou non cet exploit. En attendant, je ne peux d'admettre que je serai toujours une imparfaite à la recherche d'un bonheur presque parfait.

En terminant j'aurai un petit compte à régler avec mon destin. Serait-il possible chère destinée de cesser de me faire des fausses joies. Pourrais-tu cesser de me narguer, de m'offrir des moments de purs bonheur pour ensuite me priver de cette euphorie? Si tu crois que j'y aie droit offre-moi le sans le reprendre car à chaque fois ca me tue. Si tu crois que c'est pour les autres alors offre-leur tout simplement. Je te laisse une lune ou deux voire même trois pour te décider, est-ce que tu entendras mon appel où une fois de plus cher destin me laisseras-tu tomber? Comprends qu'après 31 ans à attendre signe de ta part mon coeur commence à s'user ronger par le chagrin. Je me tiens droite devant toi pour revendiquer mon droit à la paix, à l'amour et au bonheur. Cher destin je commence à m'essouffler, prends-moi par la main et conduit moi là où je dois aller. Je t'en prie, prends-moi sous ton ailes, je suis fatiguée de marcher, mes souliers sont usés et mes épaules sont courbées sous le poids de cette peine qui m'empêche de continuer.

mardi 8 décembre 2009

Signe de vie


Te souviens-tu de mes six ans, de ce jour où j'accouru me réfugier en pleurs dans tes bras tentant d'échapper au fils ainé des voisins qui me harcelait sur le chemin de l'école ? A peine avais-je entamer mon tragique récit que tu te précipitas à sa rencontre le sommant de me laisser tranquille. Pauvre gamin, quelle frousse tu lui as foutu ce jour-là ... Te souviens-tu du jour où tu as fais l'acquisition d'une bibilothèque qui de par sa superficie recouvrait le plus grand mur du salon? En te voyant arrivé avec les dizaines de boites qui devaient bien contenir au total une centaine de livres, Annie t'avait demandé ce que tu comptais faire de tout cela puisque aucun de vous deux ne lisaient. Tu lui avais alors répondu en haussant les épaules que c'était pour moi, pour assouvir mon amour de la lecture qui ne cessait de grandir. Elle t'a alors regardé visiblement incrédule en te disant: "mais elle n'a que huit ans!!! Ce n'est qu'un ramassis de poussière, on avait pas besoin de cela !!!" Pour la contredire et pour prouver que tu avais eu raison de croire en moi et en ma passion, je me suis alors mis à dévorer le contenu de cette immense bibliothèque. C'est ainsi qu'avant l'âge de douze ans, je lu tous les livres qui sommeillaient sur les étagères, de Michel Tremblay en passant par les Tout connaître et les dix petits nègres d'Agatha Christie. Te souviens-tu de ces fois où je t'ai déçue, où j'ai lu dans ton regard que mes gestes ou mes paroles t'avaient blèssés en plein coeur ? Te souviens-tu de ces fois où je t'ai rendu fière de moi à en avoir le coeur qui explose? Te souviens-tu du matin où j'ai terminé mon premier roman? Tu m'as fait livrer un immense bouquet de fleurs accompagné d'un mot qui disait: sais-tu à quel point je suis fier que tu sois ma fille? J'aimerais dire au monde entier à quel point je suis fier de toi et que je t'aime. Te souviens -tu de la naissance de mes filles? Tu te tenais là pas loin dans la chambre impuissant face à ma douleur, m'encourageant de tes mots malhabiles ?


Te souviens-tu de mon épuisement après la naissance de Talianna-Rose ? Sensible à l'état dépressif dans lequel je m'enlisais tu m'offris un voyage au Mexique toutes dépenses payées. Tu as fait des pieds et des mains pour trouver le numéro de téléphone de l'hotel où je logeais (toi qui ne parlais pas un mot anglais, ce fut tout un exploit) tu m'as alors dit de me préparer car ce jour-là sans le savoir j'allais nager avec les dauphins. Comment faisais-tu pour me surprendre de la sorte ? Comment faisais-tu pour m'aimer autant tandis que je ne le méritais pas toujours? Te souviens -tu de ton coma? De ces longues semaines où le temps s'est arrêté, où une partie de moi était avec toi je ne sais trop où ? Je suis demeurée à ton chevet jour et nuit, je ne mangeais plus, ne dormais plus, ne vivais plus. Je te parlais sans arrêt, écrivant des textes que je te lisais en espèrant t'entendre dire:" celui-là y est bon en maudit ma belle fille". Lorsque tu es revenu de ce long combat, j'étais là près de toi pleurant toutes les larmes de mon coeur. De ta main tremblante tu as pris la mienne et tu m'as dit :" je ne sais pas òu j'étais mais j'entendais toujours ta voix". Entres mes rires et mes pleurs je t'ai répondu que c'était parce que je n'avais pas cessé de te parler!!!



Te souviens-tu de ces Noël où les filles et moi décorâmes la maison pour te recevoir? Je préparais alors le repas du réveillon des semaines d'avance en recommençant plusieurs fois la même recettes. Étant reconnue pour être une piètre cuisinière, je frôlais souvent la crise de nerf quelques jours avant Noel en me promettant que ce serait la dernière année que je receverais. Évidement, tu finissais toujours par arriver plusieurs heures en retard toujours accompagné d'un sans abris ou d'une connaissance à l'allure des plus suspecte. Je me fâchais alors intérieurement en me disant que tu ne changerais jamais et qu'une fois de plus tu avais gâché notre réveillon. Que dire du Père Noël que tu nous dénichais et qui tout comme toi arrivait désespérément en retard sans oublier complètement ivre? Ce n'est que beaucoup plus tard, que je compris que jamais tu n'avais gâché quoique ce soit, que c'était toi qui détenais la vérité, toi qui avais compris le vrai sens de Noel...



Te souviens-tu du jour òu je suis allée en Floride? Je t'ai téléphoné si souvent qu'à mon retour je n'ai pu acquitter la facture de 850$ ... A peine fus-je revenue en ville que je suis allée te voir, tu m'avais tellement manqué.. Jamais je ne pourrai oublier à quel point tu avais le visage et le corps enflé. Tu respirais difficilement, tu étais couvert de sueur et tu grelottais. Complètement paniquée, je t'ai demandé :" mais que fais-tu là? Pourquoi n'es-tu pas à l'hopital ???" Tu m'as regardé, le regard rempli d'amour et tu m'as répondu:" je t'attendais ma belle fille, j'attendais que tu reviennes". Tu as fait un embolie pulmonaire, tu as failli y rester. Les médecins t'ont enlevé 20 litres d'eau sur chacun de tes poumons. Tu m'attendais... Lorsque tu eus finalement ton congé de l'hopital, tu as insisté pour venir t'installer à la maison un mois ou deux. Te souviens-tu de cette soirée deux semaines avant ton quarante-huitième anniversaire? Nous étions en route vers chez toi lorsque tu m'as dit:

--- Tu sais ma belle fille que tu es la personne que j'aime le plus au monde.

--- Mais non ce n'est pas vrai, t'ais-je répondu. Il y a Steve et Annie aussi...

--- Tu sais avec Annie ce n'est plus comme avant, as-tu rétorqué. Je l'aime encore mais j'ai compris bien des choses... Steve, c'est mon fils et je l'adore mais tu sais le lien n'est pas pareil avec un fils qu'avec une fille. Avec toi, je peux être celui que je suis vraiment sans avoir peur de te décevoir. Je ne te mens jamais à toi parce que je n'ai pas besoin de le faire, je sais que peu importe ce que je fais ou ce que je dis, tu m'aimes pareil. Je n'ai pas besoin d'essayer de t'impressionner en tentant d'être ce que je ne suis pas ... Je suis sincère lorsque je te dis ma belle fille que tu es celle que j'aime le plus au monde et c'est pour toi que je me suis battu, c'est grace à toi si je suis toujours vivant...


J'ai conclu la conversation en riant et en disant que tu avais sans doute dit la même chose à Annie et Steve mais tu as insisté me priant de croire en la sincérité de tes propos. Cette nuit-là, nous nous sommes couchés à cinq heures du matin tant nous avions du plaisir ensembles. J'ai fait des muffins dont nous nous serviâmes comme munitions dans une véritable lutte à finir entre toi et moi... Nous avons regardé des vidéos du Noël précédent, nous avons beaucoup discuté aussi... Je t'ai faite peur en t'en faire perdre ton dentier. Combien de fois as-tu sursauté cette soirée-là sous mes "bouuuuuuuuu" ??? Tu as tenté de faire pareil mais je t'entendais toujours venir, puis découragé par tes infructueuses tentatives tu m'as dit que je ne perdais rien pour attendre et que tu finirais par me donner la frousse de ma vie. Nous sommes allées au lit à l'aube épuisés par nos éclats de rires. Tu es mort deux heures plus tard... Te souviens-tu que je t'ai laissé mourir ce matin-là? Que la peur me paralysa à un point tel que je fus incapable de bouger, de te porter seccours. Tu as réussis, tu m'as foutue la frousse de ma vie.


Te souviens-tu que je suis toujours là? Que je continue de t'attendre et que tu ne viens pas même avec des heures et des jours de retard? Te souviens-tu que tu m'avais promis de ne jamais m'abandonner? Que tu avais promis que tu serais toujours là pour moi? Où es-tu alors ?? Dire que tu es encore là à mes côtés, que tu veilles sur moi ce n'est que des foutaises car je ne sens ni ton amour ni ton regard et encore moins ta présence. M'as-tu oublié ??? Comment dois-je faire pour apprendre à vivre sans toi, sans cette fierté que je lisais dans ton regard? Comment dois-je faire pour croire qu'il existe quelque chose après cette vie si tu n'as pas su tenir ta promesse et me donner signe de vie ?

mardi 1 décembre 2009

Maudit... Noël !!!

Je n'aime pas Noël, j'irais même jusqu'à dire que je déteste Noël. J'aimerais être fébrile à la seule idée de sortir de leur emballages les précieux ornements destinés à décorer le sapin soigneusement choisit mais hélas je ne ressens que lassitude et indifférence. En fait, je n'ai pas exhibé mes décorations depuis près de trois ans par manque de courage sans doute... Quel casse-tête pour moi de me rendre dans mon garage afin de retrouver les boites étiquetées "Noël" éparpillées un peu partout dans cet espace sombre et glacial. Quel calvaire de trouver où et comment placer les petits bonshommes de neige, le père Noël sur son traîneau défraîchi, les reines visiblement épuisés sans oublier les guirlandes devenues de fines cordes dorées. Que dire des kilomètres de lumières qui n'allument plus et qu'il me faudrait tester une par une afin de trouver la coupable. Je suis exténuée à la seule pensée de me mettre à la tache et je fais abstraction du moment où je devrai tout ranger... Je sais que je devrais le faire pour mes filles mais même si je les adore, je suis incapable de le faire car cela me ramène inévitablement au fait que je n'ai plus de famille. Oui j'ai mes filles, elles sont ma famille mais elles ne sont pas les bouées auxquelles je m'accroche pour ne pas sombrer, c'est plutôt le contraire... C'est pour mes filles que j'angoisse les mois précédents Noël, c'est pour elles que je me bats jour après jour ne serait-ce que pour survivre un jour de plus. C'est pour elles que je fais des miracles avec des riens.
Dans mon coeur et dans mon esprit, Noël devrait se préparer en famille, l'homme qui va dans le garage chercher tout ce qu'il faut, l'homme qui installe les lumières, qui trouve pourquoi ceci ou cela ne fonctionne plus, l'homme qui installe le sapin et qui s'arrange pour que ce dernier ne penche pas dangereusement vers la droite tandis que la femme s'exclame et s'émerveille devant tant de beauté. Certes, mon homme pourrait si je lui demandait faire tout cela mais ce n'est pas ce que je veux. Il décore déjà chez lui, en fait déjà beaucoup trop pour moi alors pourquoi le surcharger encore plus avec ces futilités? En fait, c'est l'esprit de Noël qui me fait littéralement défaut. Ma réalité est opposée à mes fantasmes... La mère mono parentale que je suis ne peux que dire:"merde Noël approche à grands pas, mais comment vais-je faire encore cette année??" Où est mon père? Où est ma famille? Où est passé mon coeur d'enfant? Je me souviens qu'il y a fort longtemps, j'ai aimé cette fête l'espace de quelques hivers mais cette euphorie n'est désormais qu'un vague et lointain souvenir...
Bah je me dis que c'est comme un vilain mal de ventre et qu'il suffit d'attendre un peu pour que ça passe ... Dans une mois cela sera terminé mais j'en aurai jusqu'à cet été à m'en remettre, j'aurai alors quelques mois répit avant que ne recommence ce cercle que dis-je ce cercle infernal :) Et vous, que pensez-vous de Noël ???

Mel xxx

mercredi 28 octobre 2009

J'avais six ans


J'avais à peine six printemps à mon actif lorsque je me fis ravir mon enfance devenant ainsi une petite fleur brisée et combien fragile. Six années aussi courtes que mouvementées où j'ai appris à survivre avant même de savoir écrire. Si je n'éprouve aucun chagrin envers l'adulte que je suis devenue, il m'arrive néanmoins d'éprouver un léger serrement de coeur en songeant à l'enfant que je fus. Je ne suis pas à plaindre car j'avais de par ma naissance la force et les aptitudes pour vaincre les pires tempêtes. Ce n'est qu'une histoire parmi tant d'autres, un ode au courage des miens et à l'amour que je voue à la vie, à ma vie. Je compte sur ma plume pour me libérer du prochain chapitre. Rares sont les souvenirs dont je voudrais me départir mais j'enfermais celui-ci aux oubliettes sans la moindre amertume, sans le moindre chagrin. J'ai tourné la page il y a fort longtemps mais puisque je me souviens de chaque phrase, de chaque odeur, de chaque couleur. Je me rappellerai une dernière fois cette pathétique histoire afin de vous la raconter.

Cet
été-là, nous déménageâmes dans un appartement plus spacieux situé dans un nouveau quartier. Coco fit de ma chambre un doux refuge enfantin où je ne me lassais pas d'être. Quel bonheur ce fut de ne plus avoir à partager mon espace avec mon jeune frère! Deux ans s'était écoulé depuis que le Tsunami avait dévasté ma famille et la construction de notre nouvelle vie allait bon train. Annie qui avait à présent dix-sept ans travaillais comme danseuses nues à temps plein- c'est d'ailleurs ce qu'elle fera jusqu'à trente ans--, Coco livrait le journal La Presse et j'allais tant qu'à moi faire mon entrée en première année. Plusieurs nouveaux personnages gravitaient autour de nous colorant de par leur excentricité mon monde d'enfant. Puisque Coco devait s'absenter au milieu de la nuit afin d'aller chercher Annie au bar puis distribuer ses journaux, il cru faire une pierre deux coups en offrant à un de ses amis de demeurer à la maison. Dès le début, ce dernier encombrait mon espace de par son omniprésence mais je tenta d'y faire abstraction du moins un certain temps... Je me souviendrai toujours de cette nuit où pour la première fois de ma vie l'associa la noirceur au danger. Tandis que l'aube se préparait à recouvrir le ciel de ses couleurs, je fus brusquement réveillé par une troublante impression de suffocation. Prisonnière sous cette insupportable masse corporelle, j'étouffais parvenant à peine à respirer. Je pris quelques secondes pour comprendre que je ne rêvais pas et que la cause de mon engourdissement était directement lié à notre pensionnaire. Malgré la nébulosité de ma chambre, je reconnu sa respiration et son insoutenable odeur. Son visage enfouit entre ma joue et mon cou, il déchira de sa forte barbe ma frêle peau de satin. L'âcre odeur de son souffle me répugna. Son effluve, un écoeurant mélange de transpiration et de friture me dégoûta à un point que les mots ne peuvent pas décrirent. Mon impuissance me liant les mains et les pieds, je fixa le plafond traumatisée et apeurée. Lorsque je me retrouva enfin seule dans mon lit, l'incrédulité me fit pleurer jusqu'au petit matin où je tarda à me lever tant j'avais le corps courbaturé. Je me rendis à l'école comme une automate, à peine consciente des pas que je fis. J'étais dans une autre réalité, dans un autre monde. Je portais désormais un poids beaucoup trop lourd pour mes frêles épaules. Cette journée-là, jamais je ne l'oublierai. Véritable loque humaine, les cheveux ébouriffés, les vêtements froissés et le coeur en miettes, je tenta de faire comme si tout allait bien mais je ne fesais
que repasser continuellement les évènements de la veille espérant comprendre ce qui s'était passé. Je me souviens parfaitement du professeur, de sa voix qui résonnait au loin sans m'atteindre, de cette impression d'être là mais d'être ailleurs. Au moment de se mettre en rang pour le retour à la maison, je régurgita sur Julien, mon compagnon de classe. Je ne pouvais plus m'arrêter. Plus je vomissais et plus j'huilais. J'avais si honte tant pour la nuit précédente que pour ce mélange contenant ma hargne et mon dégoût qui recouvrait Julien et le sol de la classe. Quelle tristesse lorsque j'y songe!

Il erra dans mes nuits comme la charogne rode autour de la mort. Il guettait mon sommeil tandis que moi je fuyais désespérément cet instant fatidique où je devrais m'endormir. Le jour était devenu mon protecteur, mon allié, mon ultime répit. Il traqua mon enfance faisant de moi sa proie. Parfois, il me réveillait me sommant de le suivre au salon où en compagnie de son ami Jean, il me tenait éveillée afin que j'écoute avec eux un film pornographique. Le gros Jean étau un hideux personnage. Souffrant d'obésité morbide et de malpropreté chronique, il me répugnait autant que mon bourreau nocturne. Lorsque je m'endormais sur ces films dont je ne comprenais rien et qui me traumatisaient, les deux pervers me réveillaient alors sans considération. Je me souviens avec précision de ce soir où Jenny, une de nos anciennes voisines plus âgée que moi de quelques années, vint dormir à la maison. Le jour même nous avions rendus visite à ses parents et j'avais supplié Jenny de venir à la maison. J'étais aux anges! Le soir venu, l'objet de mon dégoût ne dérogea pas de ses habitudes et vint me réveillé. Je me leva péniblement tant mon corps était lourd de cette fatigue accumulée au fil des nuits puis le suivis docilement jusqu'au salon où je vis Jenny et le gros Jean. J'avais si honte! Le film porno à peine entamé, ils m'envoyèrent me recoucher gardant Jenny avec eux. Le lendemain matin à mon réveil, Jenny n'était plus à la maison. Comment était-elle retournée chez elle? Que lui avaient-ils fait, ces questions m'obsèdent encore aujourd'hui... J'ai si longtemps espéré la revoir ne serait-ce que pour lui demander pardon de ne pas avoir su prévenir cela, de l'avoir invité bien malgré moi dans mon cauchemar.



Vivant un véritable régression sur le plan académique, je ne savais plus compter au-delà de dix. A six ans, j'étais au bord de la dépression. J'étais physiquement et émotionellement épuisée. N'en pouvant tout simplement plus, je m'arma de courage afin de dire à Coco que j'étais incroyablement fatiguée dû au fait que son ami me réveillait la nuit, m'empêchant systématiquement de dormir. Il me répondit alors que c'était impossible parce qu'il était l'homme le plus niait et sans malice qu'il avait rencontré. Je ne reparla jamais de cela. Cet interminable cauchemar dura près de deux ans. Depuis un certain temps Coco nous réveillait la nuit nous installant mon frère et moi sur les sièges arrières de notre voiture où nous poursuivîmes paisiblement notre sommeil tandis qu'il allait chercher Annie et distribuer ses journaux. Il disait que l'aide de notre gardien nocturne lui était indispensable mais je crois avec le recul qu'il n'avait plus confiance en son ami. Une nuit tandis que nous roulions sur un rang de campagne, nous eûmes un terrible accident. La voiture dérapa et capota dans le fossé où elle fit plusieurs tonneaux avant d'arrêter sa course en équilibre sur le côté. Sous l'impact, je fus expulsée par la fenêtre puis atterris plusieurs mètres plus loin.

-- Mais où est
Mélanie
, demandait Coco visiblement paniqué .
-- Où est
Jean-Marc, cria Annie
.
-- Je m'en
criss de Jean-Marc, y pourrait bien crever, c'est Mélanie
qu'il faut trouver, répondit sèchement Coco.

J'étais fatiguée, si
fatiguée... J'avais tant prié pour que cesse mon cauchemar que je cru être exaucée cette nuit-là. Peu m'importait de mourir, je ne désirais plus me battre. Coco me retrouva dans le champs à peine consciente, le corps recouvert de sang et le cou visiblement coupé par le verre de la fenêtre. Coco me prit dans ses bras en m'ordonnant de rester éveillée. Il se planta dans le milieu du rang où par je ne sais quel miracle une voiture passa quelques minutes plus tard. L'homme manifestement troublé par la vision de mon corps à peine vivant, ôta son manteau dont il me couvrit. Il promit d'aller alerter les secours puis de revenir avec des couvertures. Pendant ce temps, Coco me supplia de me battre, de ne pas partir avec les anges qui je crois m'attendaient déjà. Il me parla sans arrêt me sommant de garder les yeux ouverts. J'étais si fatiguée, je voulais simplement m'endormir pour reprendre toutes ces heures de sommeil qui me furent impunément volées. Les secours me demandèrent si j'avais mal quelque part, je fus incapable de répondre tant j'étais lasse. J'entendis les policiers demander si tout le monde était présent et Coco de répondre qu'il manquait une connaissance qui était parti en direction du boisé et qu'il pouvait bien y rester. Je pria alors pour qu'un de nous deux meurt. Peu m'importait qui de lui ou de moi la mort choisirait pourvu que tout cesse enfin. Ma marraine vint nous rejoindre à l'hôpital et me parla à son tour afin que je ne ferme pas doucement les yeux. J'étais attirée par le sommeil, un doux et profond refuge qui tentait désespérément de m'attirer dans ses filet. Je suis persuadée que j'ai failli mourir cette nuit-là. Ce n'était pas un état comateux c'était bien au-delà de cela. Je ferma doucement les yeux quelques secondes, sentant une indescriptible force m'interpeller au même moment où ma marraine me secoua tendrement en me suppliant de rester avec elle. J'ignore pourquoi mais je décida de l'écouter et de demeurer parmi les miens. Je suis fermement convaincue qu'il m'aurait suffit de fermer les yeux pour ne plus jamais revenir. A ma sortie de l'hôpital, Jean-Marc avait disparu, Coco m'expliqua alors qu'il était déménagé et que jamais plus il ne reviendrait. La vie m'avait choisie :)

Mel xx

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vendredi 28 août 2009

Poussière d'étoile dans le firmament



* Si vous lisez ceci via facbook, aller directement sur mon site, l'écriture est plus grosse et vous aurez accès à l'ensemble de mes textes http://melrose007.blogspot.com/


-- Sois bon car chaque personne que tu rencontres mène un dur combat -- platon

Soyons indulgents envers ceux que nous croisons car nous ignorons tout des combats qu'ils doivent livrer. Nous ne connaissons pas le poids de leur souffrance ni la somme de leur fardeau. Vient-il d'enterrer sa mère? Vient-elle de perdre son emploi? Vient-il d'apprendre qu'il a le cancer? Son mari vient-il de la quitter pour une femme plus jeune? Nous ignorons si leur chemin est parsemé de rose ou d'ortie. J'ai fait de la compassion mon mode de vie. En y songeant bien, j'ai toujours voulu sauver le monde et tout le monde, comme si le fardeau de la terre reposait sur mes épaules. Que de fois me suis-je retrouvée complètement ruinée et épuisée après avoir déplacer mer et monde pour aider la veuve et l'orphelin qui n' hésitèrent pas à en profiter allègrement. Les années m'ont appris la différence entre aider et sauver et je connais à présent mes limites. Bien que je ne donne plus sans compter, je demeure tout de même sensible aux souffrances d'autruis. Ceux qui croisent mon chemin, vivent peut-être la pire épreuve de leur vie, je tente de ne jamais l'oublier.



Nous ne sommes qu'une histoire parmi des millions d'histoires. La mienne à autant de valeur que la vôtre mais sans la vôtre elle n'a aucune valeur. Nous ne sommes qu'un chapitre dans le grand livre de l'humanité, une goutte d'eau dans l'océan, un individu parmi des milliards. L'ironie de n'être qu'une futilité en ce monde tout en étant l'importance même des fondements de l'univers. Je ne serais rien sans vous tous et qui pourrait vivre en étant le seul être humain de la terre? Nous sommes un maillon d'un chaine, nous sommes un tout. Notre histoire rejoint celle des autres et ce n'est que reliée à la leur qu'elle revêt son importance. Combien de fois m'ais-je demandé à l'heure de pointe où se dirigeaient tous ces gens préoccupés derrière leur volant? D'où viennent-ils et où vont-ils? Toute cette masse humaine qui vient et qui part, chacun ayant sa propre histoire. Nous ne savons rien des autres si ce n'est ce qu'ils veulent bien nous dire...

Je laisserai donc ma plume vous raconter les grandes lignes de ma vie. Je me présenterai devant vous telle que je suis et telle que j'ai été. Je vous parlerai de l'antre de mes cauchemars, ceux-là même qui reviennent me hanter depuis mon enfance. Au fil de mes prochains billets, j'ouvrirai la porte de mon jardin secret, vous dévoilant tout de mon histoire. Je vous raconterai comment je suis devenue orpheline de mère. Je vous parlerai de ce jour où je lui aie fait mes adieux blottie contre son corps recouvert de sang. Je vous raconterai mon enfance qui me fût volé, arraché voire même piétiné. Je vous parlerai de ce géant qui nuit après nuit s'emparait de mes nuits. Je vous parlerai de ce jour où je me suis présentée en première année en état de choc, le visage boursoufflé de larmes, les cheveux ébouriffés, vomissant ma hargne en pleine classe, m'excusant de tout le mal que j'avais causé. Je vous parlerai de mes 13 ans, de cette nuit où un couteau de chaire me lacèra les entrailles, me souillant le coeur et l'âme et me privant éternellement du souvenir de ma première fois. Je vous parlerai de mon père, de l'homme merveilleux qu'il a été, de tout ce qu'il m'a légué, de l'indélibile amour que je lui aie porté et que je lui porte encore. Je vous parlerai de son histoire, de son combat. Je vous parlerai de moi, de tout ce qui fait de moi celle que je suis aujourd'hui. Qui suis-je réellement? Vous le saurez bientôt.



jeudi 20 août 2009

Adieu mon inoubliable amour




"Adieu aux arbres mouillés de Septembre, à leur soleil de souvenir. Adieu à ces mots doux, à ces mots tendres que je t'ai si souvent entendu me dire. Adieu à ce que fût nous deux, à la passion du verbe aimer. L'adieu est une lettre de toi que je garderai sur mon coeur, un impression de vivre ailleurs. Adieu c'est nos deux corps qui se sépare sur la rivière du temps qui passe, aussi fort qu'on s'était choisi, vient le moment de partir. Dire à tous ceux qui s'interrogent que l'amour est tombé à l'eau d'un bateau ivre de tristesse. Les passagers sont en détresse et j'en connais deux qui se noient. Ohhhhhh l'adieu !!!"

J'ai tant pleuré dernièrement en écoutant cette chanson que mes larmes ont creusé une rigole le long de mes joues. Avec la perte tragique du petit ange blanc et la fin subite d'une relation amoureuse qui me comblait de bonheur, je sombra momentanément dans l'incompréhension la plus totale. Cherchant désespérément le pourquoi du comment sans jamais parvenir à comprendre ni même à assimiler les derniers évènements, j'ai cru à tort que le courage m'avait définitivement quitté... Je ne dormais plus, mangeais à peine, ne comprenais plus rien à rien. Le simple fait de respirer m'était douloureux. La simple pensée que quelques jours auparavant le soleil n'avait jamais été aussi rose dans le ciel de ma vie, me rendait complètement malade. Je ne saurais expliquer ce qui s'est passé, à force d'y avoir réfléchi, je crois que l'amour s'est doucement envolé, qu'il a simplement cesser de m'aimer... La peine et la colère s'entremêlèrent à cette amère et profonde déception qui me remontait à la gorge.


Comment pouvait-il ne plus m'aimer? Hier encore, il affirmait le contraire... C'est alors que je remis tout en question. Pouvait-on attendre la vie pour donner naissance à la mort? L'espoir pouvait-il être synonyme de tristesse? L'amour pouvait-il réellement laissé place à l'indifférence? Qu'est-ce qui était vrai et qu'est-ce qui ne l'était pas? Qui croire si on ne pas croire en la vie et en l'amour? Cette mortifiante détresse dura trois jours puis je me réveilla un matin avec la conviction que tout irait bien. La pluie qui avait perdurer un mois durant, faisant de Juillet un mois endeuillé cessa subitement. Le soleil brillait enfin de tout son feu, assèchant mes joues de ses ruisseaux de larmes. Le beau temps était revenu! Je demeurais encore abasourdie par la mort du petit ange blanc mais ma peine d'amour s'était métamorphosée en résilliance. Certes, j'éprouvais encore une certaine nolstalgie mais ma peine s'estompa au fil des jours. Je n'ai jamais vécu dans le passé. Peu importe ma douleur, peu importe mon amertume, je ne renonce jamais à mon droit au bonheur. J'ai pleuré mon amour qui se meurt, il m'était impossible de ne pas le faire mais les larmes ont purifé mon coeur nettoyant par le fait même la peine qui s'y était accumulée. Je n'y pouvais rien, la vie venait de décider pour moi et je savais en mon fort intérieur qu'elle avait su me prouver au fil du temps que rien n'arrive jamais pour rien.

Je ne peux pleurer durant des lunes, j'ai une multitude de rôle à jouer, un nombre incalculable de taches à accomplir, des amis à consoler, des patients à dorloter, des enfants à éduquer, des patrons à satisfaire, une maison à entretenir et des rêves à réaliser... Je ne peux me permettre que la peine et les regrets envahissent tous les sphères de ma ... Je ne peux me permettre de maudire cette vie que j'aime tant, de perdre confiance en l'amour.

Un jour, se sera mon tour j'en suis certaine! J'ai vu des gens s'aimer au-delà de la mort et de la maladie... J'ai connu des gens qui se sont envolé le sourire au bord du coeur étant convaincu qu'ils avaient connu dans cette vie le véritable amour. Ce sentiment si fort qui jamais ne meurt, qui jamais ne s'estompe. Je le rencontrerai c'est certain car ma vie ne peut être vaine, j'aspire depuis toujours de mourir en regardant celui que j'aime et de lui dire dans mon dernier souffle merci de m'avoir rendue si heureuse ma vie durant. Je sais qu'un jour je rencontrerai celui avec qui je me bercerai au clair de lune sur notre balcon, tenant sa main ridée dans la mienne, nous racontant les folies de notre jeunesse oubliée. Je lui dirai alors combien je l'ai attendu, me trompant d'histoire d'amour a chaque fois. Je serai sa muse, il sera mon chez-moi. Je ne douterai plus, je saurai alors. J'ai cru savoir mais ce n'était qu'un avant-gout de ce que l'amour peut apporter. La vie est une série d'essais et erreurs. Personne n'y échappe, encore moins moi. Je suis en ce jour heureuse et confiante.



S'il n'y a plus de nous, il y aura toujours un moi... Mon bonheur ne dépend que de moi, cela a toujours été ainsi. C'est seule, acompgnée de mes souvenirs que je reprends la route devant me conduire vers ma destinée. Qui ou quoi trouverais-je dans le détour, nul ne le sait mais peu importe l'essentiel est d'avancer, de continuer. Je suis radieuse, souriante et amoureuse de la vie comme je l'ai toujours été. Je ressens pour lui une grande tendresse, une complicité qui ne pourra s'estomper que lorsque j'aurai rencontré celui qui me fera rire et danser sous les étoiles. Je ne souffre plus de son absence ou si peu. Certes, je m'ennuie de sa chaleur, de l'éclat de ses rires, de ses yeux où de petites rides ont pris doucement naissance mais je n'espère plus son retour et cette histoire d'amour s'est terminée aussi subitement qu'elle avait débutée. Je lui souhaite une vie à la hauteur de ses espérances et je m'en souhaite tout autant.

Mel xxx
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lundi 10 août 2009

Petit Ange Blanc

Vous avez été nombreux à réagir à la suite de l'article naître ou mourir publié précédemment cette semaine. Ce billet relatait la triste voire l'horrible histoire de mon amie Martine qui en ce moment même pleure son bébé. La force et le courage dont elle fait preuve m'inspire à me relever et continuer. Comment me plaindre de ma peine d'amour tandis que son affliction lui lacère les entrailles. Ma belle Martine souffre à un point tel que même son corps lui hurle sa peine l'infligeant de terribles maux de seins et d'inévitables montées de lait. Ses bras son en manque de cet enfants qu'ils devaient bercer, consoler et protéger. Malgré le Tsunami qui vient à peine de déferlé sur sa vie arrachant tout sur son passage et ce jusqu'à la vie qui sommeillait en son sein, elle s'est relevée les manches tentant désespérément de récupérer les morceaux de son existence éparpillés ici et là sous la force de l'impact. Elle est incontestablement ma muse des derniers jours, des années à venir.


Nous sommes allées prendre un café. Assise e face d'elle, j'avais peine à contenir mes larmes devant cette insoutenable tristesse dont ses yeux étaient voilés. Elle était si calme, si sereine mais combien dévastée !Tout en elle reflétait le courage dont on doit faire preuve après le passage d'un cataclysme, lorsque notre survie dépend essentiellement de notre capacité à tout reconstruire. Dans un instant d'imperturbable silence nos pensées rejoignirent la tristesse de l'autre. Désirant sans doute échapper à nos pensées devenues lourdes de peine, nous détournâmes les yeux vers l'immense vitrine donnant sur le stationnement extérieur. Nous fîmes toutes deux mine d'observer les faits et gestes des passagères du véhicule dont nous étions séparées de par un mur de verre. Je paralysa intérieurement lorsqu'une deux femmes ouvrit la porte arrière, se pencha et se releva tenant dans le creux de ses bras un nouveau-né. C'est alors que je sentis distinctement le coeur de mon amie cesser de battre et son regard se figer de colère. Je compris dès cet instant que ma belle Martine ne pourrait probablement jamais échapper aux nombreux rappels que lui fera la vie de ce que son avenir avait promis d'être avant que ne s'abattre le malheur. L'ironie du sort ou le paroxysme de la cruauté Divine est que sa vie durant elle aura sous ses yeux l'exemple même de ce qu'aurais pu devenir son fils au fil des saisons, des années. Martine a eu un fils il y a neuf ans soit quelques années à peine avant de rencontrer Yannick. Le père du petit fut je crois sa première histoire d'amour. Quelques années plus tard et un petit garçon en prime, ils reprirent chacun leur chemin tout en conservant l'amitié qui les unit encore aujourd'hui. Le hasard voulu que Martine sois enceinte en même temps que la copine de son ancien conjoint. Le fils serait donc doublement frère! Les deux femmes attendaient leur enfant pour la même période et deux garçon de surcroît ... Le 4 Août le fils aîné de Martine devint frère de par son père. Le lendemain, sa mère donna naissance à un frère que jamais il ne connaîtra... Quelle tristesse que de songer que sa vie durant Martine sera témoin de l'évolution de ce petit bonhomme né à un jour de différence du sien. Sa vie durant elle saura précisément à quelle étape de sa vie son fils serait rendu si la vie en avait pas décidé autrement.


A la suite de la demande de Martine, j'ai composer un petit texte pour les signets "avis de décès". Fidèle à elle-même elle désirait qu'il livre un message d'espoir et d'amour. Elle désirait une petite pensée pour Yan, pour son fils aîné, pour les oncles et tantes, pour les grands-parents et amis. Je lui aie demandé si on pouvait se concentrer sur elle et sur ses besoins mais elle ne dérogeait pas de l'importance de tenir compte de la peine de ceux qui sont concernés par cette injustice. Éprouvant une réelle difficulté à me mettre au travail, Martine me rassura en me disant qu'elle avait un plan B ; la prière de la sérénité tout autant significative à leurs yeux. Par chance, j'ai cru comprendre ce qu'elle désirait et l'inspiration m'est finalement venu. Voici donc ce texte:

Premier côté

Blotti dans le creux d'un nuage, je vous insufflerai le courage de continuer et la sérénité d'accepter cette fatalité que nul ne pourra jamais changer. Sois fort Papa, choisis de vaincre l'adversité. Ne crains rien, moi ton fils devenu ange je t'y aiderai. Saches Maman que je t'ai choisie comme éternelle demeure, je grandirai en toi au fils des Printemps. Jamais je ne te quitterai. Je compte sur toi grand frère pour consoler Maman et l'aimer pour nous deux. Si je vous ai choisis, je vous choisirai encore.

Deuxième côté

Souvenez-vous de moi comme étant votre petit-fils, votre neveu, votre cousin. Souvenez-vous de moi comme étant le frère d'Anthony et le fils de Martine et Yannick. Parlez de moi comme étant Yan-Alexandre _____ _____. l'ange qui malgré son court passage lassera perpétuellement en vos coeurs sa trace de vie.

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jeudi 6 août 2009

Naitre ou mourir?





Hier restera à jamais gravé en moi. Cette peine, cette souffrance, cette impuissance, jamais je n'oublierai. Je donnerai n'importe quoi pour que hier ne fut jamais hier, qu'il soit un hier différent. Quel attroce malheur! Je fus le temoin d'un drame, d'une injustice divine, d'un destin qui n'aura jamais de lendemain. Mon amie Martine devait donner naissance à son deuxième fils dans les jours à venir. En couple avec son conjoint depuis plus de sept ans, elle avait longuement réfléchi avant de se décider d'être mère à nouveau. Séparée du père de son fils de neuf ans, elle en a tellement arrachée ma belle Martine afin de se reconstruire une petite vie tranquille. Elle retourna à l'école, y a passa plus de trois ans tout en ayant peine à joindre les deux bouts.Ce n'est qu'après d'incalculables efforts, qu'elle décrocha finalement son diplome en hotellerie. Elle venait tout juste de dérocher un emploi qu'elle adorait lorsqu'elle apprit qu'elle attendant son deuxième enfant. Ravie, elle éprouva néanmoins de nombreuses craintes comme celle de devoir tout recommencer. Était-ce raisonnable après tous les efforts qu'elle avait mis afin de réaliser son objectif de carrière. Des années durant, elle avait visualisé son rêve afin de persévérer, de continuer de ne pas tout abadonner malgré les embuches qui survenaient sans cesses. Yan, son copain rêvait pour sa part d'avoir cet enfant. Il le voulait à un point tel qu'il changea son mode de vie. Il devenu père le jour où il su que Martine était enceinte. Cette dernière décida donc de foncer tête baissée. Elle affronterait l'avenir un jour à la fois. Elle voulait cet enfant, elle le voulait pour Yan et pour elle aussi. C'était son cadeau à l'homme de sa vie, son ultime preuve d'amour. Il voulait être père, il le serait! Elle le laissa choisir le prénom, le parrain, la marraine. Elle lui organisa un shower. Elle se retira de son travail dès le cinquième mois, pris mille et une précaution pour livrer l'héritier a terme.


Voila qu'il y a trois semaines, elle éprouva quelques malaises inexplicables. Des douleurs récurantes, de la haute pression... Elle fut transfèrée d'urgence à Ste-Justine où il devait lui faire une césarienne sans tarder. Le lendemain, elle obtenait son congé et fut transferée a Valleyfield sous observation. Deux experts de Ste-Justine l'ont examinés en disant qu'à son retour a Valleyfield elle devait être accouché dans un délais ne dépassant pas les 35 heures. Hier matin, soit une semaine plus tard, elle se chicana avec son docteur . Elle le supplia de la délivrer, disant qu'elle sentait que quelque chose n'allait pas, que son bébé n'était pas bien. Pour toute réponse, son médecin répondit que c'était elle qui engendrait ses malaises à trop vouloir être délivrée. Certains disaient qu'elle devait accoucher sans tarder tandis que les autres prétendaient que puisque tout était sous controle il valait mieux laisser la nature suivre son court... Hier matin, le coeur du petit Yan-Alexandre battait, hier midi son coeur ne battait plus. Hier à cinq heures, je me présenta au chevet de mon amie ne sachant trop que dire, que faire. Je fus anéantie en comprenant qu'elle portait toujours l'enfant car elle n'accoucherait que le lendemain matin afin que le spécialiste en mort prénatal devait être présent! Comment vous décrire sa peine? Je l'entends encore dire à l'infirmière tout en pointant de ses deux mains son ventre devenu le cercueil de son fils tant attendu :" je ne les prendrai pas les pilules, cela ne sert plus à rien des pilules pour la pression, mon bébé est mort, il est mort !!!" Je revois encore l'impuissance de Yan, je ressens encore la lourdeur de sa peine. Lorsque je lui demanda s'il voulait être seul auprès de Martine, s'il désirait que je sois là, il me répondit les yeux empreints de a souffrance:" Melan, je ne suis pas capable d'être là, qu'est-ce que je peux y faire? Il est mort Mélan, il est mort, je ne suis pas capable". Sur ce, je lui promis de ne pas quitter le chevet de notre belle Martine. Moins dune heure après mon arrivée, elle perdit du sang. Le travail commença. Sa soeur Krystel, lur mère et moi sommes restées auprès d'elle lui démontrant maladroitement notre amour. A une certaine période, je fus longuement seule avec elle. Nous avons pleuré sans ne rien dire. Nous avons philosophé, nous avons rit, nous avons cherché le pourquoi du comment. Ce fut un moment troublant mais combien profond. Je caressa son ventre lors de ses contractions en lui disant combien je l'admirais. Nous avons discuté de l'après. Devrait-elle voir son fils? Devraient-ils lui offrir un enterrement ou de le laisser à l'hopital avec tous les autres anges qui y ont trouvé le repos éternel? C'est alors que je lui promis de regarder on fils pour elle, de le lui dire combien il serait beau.


Je revois encore le sang, tout ce sang... Et ma belle Martine si forte. Je ressens encore mon coeur se torde à la vue de ce petit ange couché sur le côté. Ce petit être sans vie qui vient à peine de naître ou de mourir, je ne sais plus... Je revois le bol. le placenta, le petit noeud dans le cordon. Je revois cette petite chambre remplie de femmes se soutenant dans la douleur. Voulant respecter mon amie dans son intimité, je ne savais plus où me placer, où regarder. J'ai attendu avec mes compères que le bébé soit lavé et habillé .Emmailotté dans sa petite couverture, reposant dans son petit landeau de verre, il était si beau ! J'ai longuement observé sa petite bouche, ses minuscules doigts, ses petits pieds cachés sous des pantoufles blanches. Son souvenir m'obsède encore, ma peine ne se dissipe pas. Jai fait la rencontre d'un petit ange blanc que je porterai à jamais en moi. Je lui aie dit au revoir avant même de lui dire bonjour.

jeudi 30 juillet 2009

Merveilleux métier qu'est le mien !



Je suis physiquement et mentalement épuisée. Je tire de la patte, je cherche la moindre parcelle d'énergie et tente de la multipliée à son paroxysme. Je me suis endormie deux soirs cette semaine à l'heure du souper pour ne me réveiller que le matin venu. Je ne me plains pas car j'adore mon nouvel emploi et l'intense fatigue qui lui est reliée n'est qu'un léger inconvénient. Ce n'est qu'une question d'adaptation, d'ici peu cette fatigue passera... Cette semaine en me rendant au travail, je me suis surprise a pleurer a chaudes larmes tant je me comptais chanceuse de me rendre a un endroit que j'aime tant. J'ai tant rouler ma bosse d'une place a l'autre sans jamais ressentir ce sentiment d'appartenance, sans percevoir avec certitude que j'étais enfin chez moi. Je ne peux exprimer avec des mots tout ce que je ressens et vis en ce moment tant je me sens porter par une chance inouïe qui semble placer les bons pions aux bons endroits. Je ne me considère pas comme une personne chanceuse, bien au contraire. Certains diraient même que ce qui fait ma marque de commerce est ma légendaire malchance . Combien de fois ais-je entendu dire en riant:- il y a bien juste a toi que ça arrive des affaires comme ça!-- C'est donc une des rares fois de ma vie ou je me sens profondément chanceuse comme si tout ce plaçait par magie. Je n'ai qu'a remercier la providence , qu'a savourer l'instant présent. Je demeure tout de même incrédule en me demandant quelle sera la prochaine tuile qui me tombera sur la tête mais une partie de moi espère que cette fois, le vent a tout simplement changé et que tout ira bien.


Oeuvrer dans le domaine de la santé, plus précisément auprès des personnes âgées, m'oblige a réfléchir sur la place que nous donnons a nos aînés. Considèrons-nous leur passé, leurs exploits, leurs victoires a leur juste valeur? Nous oublions ou ignorons trop souvent qui ils ont été. Je m'émerveille toujours devant leur portrait souvent jaunis par le temps. Je m'émeus devant leur beauté oubliée, devant l'usure de leurs mains autrefois si robuste. Je m'incline devant leur fragilité, devant leur confusion mentale. Je voudrais tout savoir d'eux, tout connaître de leur passé, de leur parcours de vie. Ils sont de véritables personnages, détenant au fond d'eux une histoire qui semble s'effacer de jour en jour. Certains semblent avoir été un jour déposés a la réception du centre d'acceuil pour être par la suite complètement oubliés. Des orphelins de l'amour et de la vie aussi car même cette dernière semble les avoir oubliée. Je songe a une petite dame que j'aime particulièrement, qui me chavire le coeur par sa grande fragilité. Lorsqu'elle m'empoigne doucement le poignet en me récitant un discours des plus incohérent, je ne peux empêcher mon coeur de se serrer. Je voudrais qu'elle soit ma grand-mère, je voudrais tant connaître son histoire, comprendre les méandres de ses cris. Lorsque affolée elle m'interpelle en criant : -- Mademoiselle, Miss, mademoiselle!!!-- je m'approche alors de son lit, je lui caresse les cheveux en lui chuchotant de se calmer et en lui demandant ce qui la met dans cet état. Elle me dit alors des choses qu'il m'est impossible de comprendre tel que de lui ramener le trottoir parce que d'autres l'ont volé ou encore qu'il faut aller chercher les enfants, qu'elle a perdu ses enfants. Je tente d'embarquer dans son discours et de la rassurer en lui disant que je m'en occupee. Je sais bien que je devrais continuer mon chemin, que je ne peux pas accourir a son chevet chaque fois qu'elle m'interpelle (car elle ne fait que cela, elle interpelle sans arrêt) mais c'est plus fort que moi, je me plais a tenter de deviner ce que fut sa vie. J'aime la douceur chez les aînés, j'aime leur docilité, leur innocence. Je me sens responsable de leur vulnérabilité comme si je me devais de faire preuve d'une douceur et d'une gentillesse égale a la leur. Je me dois de mériter toute la confiance qu'exige ce métier. Entres de mauvaises mains , les aînés deviennent des cibles de choix car ils sont dans l'incapacité de se défendre, voila pourquoi il faut pratiquer ce métier avec amour et compassion. Je tente de me mettre a leur place et de me demander comment j'aimerais que l'on me traite lorsque mon tour viendra car il viendra... L'oubli me fait si peur car je le perçois au quotidien. Cependant, si plusieurs semblent avoir été abandonnés au bons soins de l'état, d'autres ont la chance de recevoir chaque jour la visite d'un proche. Quel chance d'être le témoin de tant d'amour, de tant d'affection. Quel bonheur que ce métier qu'est le mien!


Mel xx

samedi 25 juillet 2009

Je leve mon verre à ma vie !!!

J'aimerais célébrer ma vie, le chemin que j'ai parcouru jusqu'à présent. Je voudrais lever mon verre à tous ces soirs de pluie où j'ai trouvé sommeil après avoir inondé de larme les plumes de mon oreiller. Je voudrais lever mon verre à tous ceux qui ont cru, moi la première, que j'étais peine perdue et que jamais je ne parviendrais rien. Je voudrais célébrer mes défaites mais surtout ce que j'ai réussis à en faire. Je voudrais crier mon bonheur d'exister, d'être l'imparfaite que je suis !

Je suis fière d'être là où je suis et ce même si je ne suis pas encore rendue là où je veux être. Ce n'est qu'une question de quelques pas à franchir. Je suis extrêmement fière d'être aussi équilibrée dans mon déséquilibre ! Je ne suis pas parfaite, loin de là !!! J'ai tellement de mauvaises habitudes que je me décourage moi-même ! Je suis bordélique, complètement désorganisée, paresseuse, je parle trop et trop souvent pour ne rien dire et que dire de toutes ces fois où je me laisse tout bonnement marcher sur les pieds sans souffler le moindre mot. Je suis une amoureuse tout ce qu'il y a de plus imparfaite. J'arrive à peine à tenir ma maison faisant de moi une abominables femme d'intérieur. Dans la cuisine, je ne vaux pas cher la livre, je ne sais jamais quoi faire à manger et c'est trop souvent indigeste. Au cours de ces deux dernières années j'ai cuisiné pour mon copain en de très rares occasions. Je n'ai d'ailleurs aucun souvenir de lui avoir dit:" arrive plus tôt demain on soupera ensembles". Je n'ai aucun talent pour la décoration et encore moins pour la rénovation et ce malgré le fait que j'ai fait l'acquisition d'une maison pour bricoleur qui finira par tomber en ruine si je ne me décide pas à m'y mettre ... Je suis une mère imparfaite qui tente de léguer à ces enfants des valeurs tel que le respect et l'amour des autres, l'ardeur au travail et la générosité. Je ne sais pas leur imposer mes limites, j'ignore comment être la mère qu'elles méritent. Je ne leur fais pas faire de sport, les laissant ce vautrer dans l'inactivité la plus totale. Je passe leur temps à leur répondre que je n'ai pas d'argent pour ceci ou pour cela. Le soir venu, à mon retour du travail je me plains constamment d'être trop fatiguée pour faire quoi que ce soit.Malgré tout cela, je lève mon verre à celle que je suis! C'est tout de même un exploit de s'aimer tel qu'on est, de se pardonner ses erreurs et ses faiblesses ! De ne pas tenter d'être parfaite à n'importe quel prix ! C'est tout un cheminement de comprendre et accepter que l'on ne sera jamais personne d'autre que sois-même...

Je voudrais lever mon verre à cette vie qui ne fût pas toujours très tendre à mon égard. Je voudrais lever mon verre à mon enfance qui ne fut volée et que je suis parvenue à retrouver. A toute cette pluie qui permit aux fleurs de s'épanouir en bordure des routes de mon destin. Comment ne pas être consciente de ma propre chance, de tout ce bonheur qui fait de ma vie ce qu'elle est aujourd'hui. Je lève mon verre à tous ceux qui ont croisé ma route, à ceux qui furent et qui seront la cause de mes sourires. Vous mes amis qui faites de ma vie un arc-en-ciel, je bois à votre santé, à vos bonheurs et à vos réussite ! Je lève mon verre à l'amour et à tout ce qu'il apporte avec lui. A ces petits matins à me réveiller dans ses bras et à toutes ces nuits où je m'assoupis entre deux soupirs. A tous ces "je t'aime" qui me comblent de bonheur.

Ma vie n'est pas une sinécure, chaque jour est une bataille en soit mais j'aime tout ce qu'elle m'apporte et je ne voudrais pour rien au monde qu'elle ne me quitte... Je voudrais vivre éternellement, ne jamais oublier à quel point je fus heureuse. Je tenterai de vivre chaque instant comme s'il était le dernier, comme si le vent pouvait tourner à tout moment. Je tenterai de ne jamais oublier que l'espoir de la récolte vient avec la moisson et qu'on récolte ce qu'on a semer :P Jour après jour, je me devrai de semer de l'amour et de la compassion, de rendre aux autres ce qu'ils m'apportent, de leur faire sentir à quel point leur aide et leur amour me sont essentiels. Aucune rencontre n'est fortuites, nous avons tous quelque chose à apprendre des autres. C'est notre contribution à l'humanité. S'ouvrir aux autres c'est devenir meilleur.

samedi 18 juillet 2009

Nouvel emploi :)


Pas facile de débuter un nouvel emploi, d'être la petite nouvelle ... Je cours comme une poule pas de tête, tentant d'assimiler douze milles nouvelles données. Bien que je trouve angoissant de devoir une fois de plus faire mes preuves, j'ai néanmoins l'impression d'être enfin là où je me devais d'être. Après ces années de dur labeur, me voila rassurer sur mon avenir, du moins en partie ... Pour ceux qui l'ignorent, je suis préposée aux bénéficiaires depuis maintenant cinq ans. Mon parcours professionnel fut certes intéressant mais combien insécurisant. J'ai parfois dû travailler la nuit pour me rendre à mon deuxième emploi le matin venu. Vous comprendrez aisément qu'avec un salaire variant entre neuf et douze dollars l'heure, je me suis souvent retrouvée dans l'obligation de jongler avec deux emplois. Voila qu'après ces années de vaches maigres, je suis nouvellement à l'emploi d'un centre d'hébergement gouvernemental. Je me sens chez moi, comme si j'avais enfin méritée d'accéder à un niveau supérieur. Je me sens comme dans un jeu vidéo où après avoir ramasser les étoiles nécessaires, on peut enfin passer au tableau du château ! Il ne me reste qu'à vaincre les monstres et à délivrer la princesse. Cependant, il n'y a pas de montres, si ce n'est que mes propres démons et il n'y a pas de princesse ... Je suis la seule qui peut me faire perdre des vies, je suis la seule qui peut réussir le dernier tableau!
J'ai une période de probation de trente jours où mon travail est évalué et même noté! J'ai tellement peur de ralentir mes nouvelles collègues, j'angoisse à l'idée qu'elle se frotte le front du revers de la main en se demandant pourquoi je fus embauchée! J'ai longtemps cru que je n'étais faite pour aucun métier. En fait, j'avais à peine 8 ans la première fois où j'ai affirmer haut et fort que je serais écrivaine! J'en avais l'absolue conviction. Ce n'était pas un rêve ou une quelconque fabulation enfantine, c'était plutôt une certitude. C'était plus qu'un but à atteindre, c'était viscérale ! C'est au même âge que j'ai commencé à lire tout ce qui me tombait sous la main. A mon dixième anniversaire j'avais déjà lu des oeuvres de Michel Tremblay, Agatha Christie, des encyclopédies "Tout connaître" et plusieurs briques !!! Ce fut mon enfance, mon doux refuge où accompagné de ces auteurs, j'ai maintes fois recréé le monde ! C'est à cet même époque que mon père installa une immense bibliothèque dans le salon qui faisait tout un mur de long! Il avait acheté dans une vente de garage des boites et des boites de livres en me disant: " Tiens ma fille c'est pour toi" ! Puis, il était apparu un matin avec une dactylo qui changea ma vie ! Assise par terre en Indien, ma précieuse dactylo posée sur le banc du piano j'écrivais des heures durant. C'est à quinze ans que j'écrivis mon premier roman. Je ne vivais que dans l'attente de mon heure de gloire convaincue que je réussirais à vivre de mon écriture.
Inutile de préciser à quel point je fus anéantie le jour où je compris que je parviendrais probablement jamais à publier un de mes manuscrits... Je me retrouvais devant aucun plan de vie car j'avais omis penser à un plan B .... J'ai erré des années durant dans le néant, me contentant de mon rôle de mère tout en me convainquant qu'il m'était impossible de travailler puisque je devais prendre soin de ma progéniture! Pffffffffff la belle excuse! Je croyais simplement que je ne pourrais rien faire, que je ne savais rien faire! Mes enfants me servaient simplement de prétexte pour ne rien faire! Un amalgame de lâcheté et de manque de courage me prolongeait dans cette désolante oisiveté.

Lorsque ma mère tomba gravement malade, j'ai eu une espèce d'illumination ; je devais aller suivre mon cours de préposée je devais le faire pour elle. Je me devais d'être en mesure de l'accompagner dans la maladie, de la soutenir et de la rassurer de par ma présence et ma profession. Sans le savoir, je venais de trouver ma voie! J'ai la certitude que je suis faite pour ce métier, que c'est le chemin que je veux suivre, que c'est l'endroit je me dois d'être. Je vais continuer à tout faire pour me surpasser, à faire chaque jour un pas de plus vers la réussite, vers mon destin :)

samedi 4 juillet 2009

L'enfer !!!!

Ce jour s'achève enfin !!!! J'ai pourtant cru que je ne verrais jamais le bout ! Je ne saurais dire pourquoi mais les quatres saisons semblaient se déchaînées en ma fille aujourd'hui. Ma petite dernière était tout simplement insupportable ! Une vraie catastrophe naturelle. Impossible de la raisonner, une crise attendait l'autre. J'ai peine à croire que je suis parvenue à tenir mon bout. Certes je n'ai plus de voix, j'ai crier plus souvent qu'à mon tour.
Je déteste crier car je sais pertinamment que tous les voisins m'entendent et que c'est moi qui passe pour une mère désaxée mais sur le coup de l'émotion j'oublie toujours ce petit détail... Je ne suis pas hystérque au contraire, certains me trouvent très patiente, je suis peut-être simplement parfois exaspérée ! Cela survient lorsque mes filles ne cessent de se chicaner? Avez-vous déjà entendu un débat pollitique alors que tout le monde parle en même temps? Cela ressemble à cela mais les deux partis au pouvoir (les ainées) hurlent tandis que le petit peuple (la cadette) pleure et crie à l'injustice ! Je le répète, la catastrophe ! Vous comprendrez que je me sens alors obligée de crier plus fort que ma meute, histoire de leur montrer c'est qui le chef ... J'ai parfois l'impression de vivre dans un télémoran à force d'être le témoin de tous leurs petits drames! Pas toujours facile leur vie ... Pas facile la mienne à toujours jouer à la police, à punir une tandis que l'autre la nargue. Qui a fait quoi, qui a dit quoi à qui et qui à commencer. A qui la faute? Toujours à l'autre évidement !

Et je ne parle pas du fait que j'ai engendré trois merveilleuses petites filles mais combien paresseuses ! Je n'ai jamais vu des enfants se fatigués aussi rapidement après le moindre effort. Je travaille comme une forcenée pour subvenir à leurs besoins et je dois en plus me transformer en bonniche le soir venu. Je n'exagère pas, c'est affolant. Je suis presque gênée de dire qu'à mon avis elles ne se sont jamais penchée de leur vie pour ramasser la moindre chose par terre. Elle mange un sac de bonbons, le termine et le laisse exactement à l'endroit où elles l'ont fini! Je pourrais énuméré tout ce qu'elles font dans une journée simplement en suivant les traces qu'elles ont laissé ! Vous allez me dire que tous les enfants sont un peu ainsi. Euh non jamais comme ca ! Jamais, jamais, jamais! Ma marraine a un jour apporté mon ainée en camping. La première chose qu'elle m'a dit c'est: "mon dieu qu'elle est traineuse! Line (sa fille) et moi on en reveniat pas ! Elle laissait ses bas là où elle les enlevait, même chose pour son linge qui trainait toujours partout dans la tente! J'en revenais pas Mélanie comment ta fille est traineuse !!!"" Euh je le sais Gaby, j'en eux deux autres pareil à la maison, imagine ce que c'est les trois en camping !!! Ma maison est minuscule, une niche a chien avec une rallonge on dirait que c'est encore pire. Je suis certaine que plusieurs de mes visiteurs se disent que je ne sais pas tenir ma maison propre, que je ne suis pas une bonne femme d'intérieur mais si seulement ils savaient que je me tue à la tâche !

J'adore mes filles, je ne peux imaginer ma vie sans leur présence aussi turbulentes soient-elles mais certains jours comme aujourd'hui, j'embarquerais dans ma voiture en disant:" chow battez-vous, assomez-vous je reviendrai plus tard en esperant qu'il y aura des survivantes !" Certains jours, j'ai envie de me sauver au bout du monde, de déconnecter mon cerveau de leur mettre des somnifères dans leur manger ou de leur donner n'importe quelle substance relaxante. J'ai simplement envie d'hurler STOP !!!! J'irais même jusqu'à dire que certains jours comme aujourd'hui, je les vendrais pour vraiment là mais vraiment pas cher ! Pour que mon annonce soit vendeuse, j'irais même jusqu'à mentir en écrivant qu'elles sont d'excellentes ménagères et qu'elles feraient de fantastiques aides domestiques ! Quelle fausse représentation !


Elles dorment enfin !! Mes petites diablesses se sont métamorphosées en anges l'instance d'une douce nuit. Mon ainée qui n'est toujours pas revenue de son gradiennage est folle de joie à l'idée qu'elle a réussit son année et que l'an prochain elle sera en secondaire deux. C'est drôle parce qu'elle tente de me montrer qu'elle n'est plus une petite fille et qu'elle mérite plus de lattitude mais elle m'a téléphoné à minuit pour me demander comment j'allais. Ce qu'elle ne sait pas c'est que je la connais par coeur, que c'est moi qui l'ait façonnée et que je sais trop bien que si elle m'A téléphoné c'est parce qu'elle a peur et qu'elle commence à avoir hâte que les parents reviennent. Je sais que trop qu'elle n'aime pas la noirceur, qu'elle n'aime pas être seul le soir, qu'elle a toujours peur qu'un voleur s'infiltre dans la maison. Je la connais ma fille ! En ce moment même, elle doit attendre impatiement le téléphone à la main et tous les sens éveillés au maximum. Je dois avouer que moi aussi puisque je travaille demain matin et que j'attends son appel pour aller la chercher. Je crains que les parents auront bu et je ne veux pas qu'ils la ramenent dans ce cas. Donc, même si elles m'en font vivre de toutes les couleurs, même si elles sont la cause de mes trop nombreux cheveux blancs, même si certains jours je les étriperais de mes propres mains, je les aime à un point tel que jamais je ne prendrais le risque de les perdre. Voila donc pourquoi il est presque deux heures du matin et je ne dors toujours pas après une journée passée sous le signe de l'enfer !